Nous avons profité de la vie nocturne de Melbourne…. Mais non pas les discothèques ! Nous avons été voir la comédie musicale du moment, le spectacle qu’il ne fallait rater à aucun prix. Même Quantas faisait des offres pour aller en avion voir « Miss Saïgon ».
Nous avons eu la chance de trouver des places à la dernière minute. Le spectacle se tenait à « Her Majesty’s Theater », dans la rue consacrée aux divertissements, Exhibition Street. C’est l’une des plus belles salles de Melbourne, dans le style des grands music hall de Paris. Il y avait un vrai orchestre et son chef. La troupe dansait et chantait magnifiquement. Nous avons été captivés par l’histoire, les musiques et l’interprétation des chansons.
Nous étions assis dans la salle elle-même. Le théâtre était comble, y compris les premier et deuxième balcon. Le public est hétéroclite. Parmi les spectateurs, il y a des gens très chics, belles robes du soir, bijoux étincelants, costumes impeccables. Mais il y a autant de gens en tenue décontractée. Nous ne nous sentons pas mal à l’aise avec nos chaussures de marche. C’est l’un des avantages de la no worries atitud.
A l’entracte, dans les couloirs du théâtre, il y a les classiques coupes de champagne mais aussi les verres de bière et beaucoup de gens mangent des glaces. Il ne fait pas très chaud et pourtant ils dévorent des magnums. Cela nous a étonné.
Après cette sortie culturelle et bien romantique, place au sport et direction le MCG, le Melbourne Cricket Ground. Nous suivons la foule qui se presse vers ce gigantesque stade d’au moins 80 000 places. Il est temps d’assister à notre premier match de footy. En Australie, c’est le sport numéro 1. En plus, à Melbourne, le footy est culturel. Il n’y a pas moins de 8 équipes qui participent au championnat de première ligue. Il y a donc 1 match le vendredi soir, 2 le samedi et 2 le dimanche et cela pour les 2 terrains de footy de Melbourne.
Ce soir, les Western Bulldogs de Melbourne reçoivent les Crows d’ Adelaïde. Le stade n’est pas complètement rempli bien sûr car ce n’est que le 3ème match de la saison. Le stade est vaste. Il y a 3 rangs de gradins superposés. A l’intérieur, dans les galeries du stade, il y a plein de boutiques qui vendent de la nourriture et des boissons, essentiellement des burgers, des frites et de la bière.
Dans les gradins, il y a les supporters, qui arborent fièrement les couleurs de leur équipe. Il y a des hommes, des femmes et aussi des familles.
Le terrain est ovale, bien plus grand qu’un terrain de foot. Les joueurs sont tout petits. Sur un si grand espace se presse beaucoup de monde. Il y a déjà 36 joueurs (18 par équipe) et 5 arbitres. Des gars en jaune fluo interviennent à tout moment, on imagine que ce sont les coursiers des entraîneurs. Il y a aussi des porteurs d’eau. Ce sont de vrais sprinters qui viennent désaltérer les joueurs. De chaque coté du terrain, il y a les surveillants de poteaux. Ils valident le score à l’aide de grands drapeaux blancs.
Si le ballon est shooté entre les 2 grands poteaux centraux, l’équipe marque 6 points. Si la balle passe entre un grand et un petit poteau extérieur, l’équipe ne marque que 1 point. Il n’y pas d’essai à aplatir. Le jeu est très animé. Il y a des passes à la main, des passes au pied, des mêlées, des empoignades. Ça court dans tous les sens, ça joue très vite. Les joueurs n’arrêtent pas de courir dans toutes les directions pour se démarquer ou pour venir défendre leurs buts. Grâce aux écrans géants, on peut voir les actions qui se passent à l’autre bout du terrain. Il y a aussi le replay des meilleurs moments : les buts, les placages et les meilleures actions.
On comprend les règles au fur et à mesure en voyant le score évoluer. Tout d’abord le ballon est ovale, ce qui rend les passes et les rebonds aléatoires. Les touches sont jouées à la main par l’un des arbitres. Il tourne le dos au jeu et lance la balle à 2 mains au-dessus de sa tête, aussi haut et loin que possible, un peu comme un bouquet de mariée.
L’engagement,après chaque but, se passe au milieu du terrain. Ça ressemble à un engagement de basket. L’arbitre fait rebondir la balle de toutes ses forces sur le sol et les joueurs sautent pour taper la balle vers un de leurs équipiers. Ceci illustre bien le coté aléatoire du jeu, ce qui nous plait bien.
Les joueurs se marquent individuellement. Ce n’est donc pas facile de se faire des passes. En plus, on peut lancer le ballon à la main ou au pied. Si la balle est lancée au pied et rattrapée de volée, le joueur qui l’a rattrapée bénéficie d’une immunité. Quand ça arrive près des poteaux adverses, c’est l’euphorie. Le joueur peut alors tenter le but.
A cöté de nous, il y a des supporters d’Adelaïde qui crient de toutes leurs forces : - Go, Adelaïde, go !!! il y a surtout une dame qui hurle :
- bougez vous les gars
- vers l’avant pas vers l’arrière, les mecs
- tous en attaque !! et quelques mots crus que nous ne comprenons pas. Il règne une bonne ambiance dans les tribunes.
Au début nous avons du mal à distinguer les supporters de chaque équipe. En effet, tout le stade applaudit après chaque belle action. Il n’y a pas de sifflets contre l’équipe adverse. C’est très agréable.
Le match est composé de 4 quart-temps d’environ 30 minutes. On n’a pas le temps de s’ennuyer car le jeu est vraiment prenant. Il y a très peu de temps morts. Les arbitres sprintent après chaque but pour remettre la balle en jeu. Même chose pour les touches. On aura passé 3 h dans le stade sans s’en rendre compte. C’était beaucoup plus passionnant qu’un match de foot pour Cécile. Ce soir-là, Adelaïde a gagné 116-72 ce qui vous donne une idée du nombre de buts.