Nous sommes en train de devenir les pros du tempo, un auto-rickshaw collectif. Il faut imaginer un véhicule à 3 roues. L’avant ressemble à une moto avec un guidon ce qui lui permet d’être extrêment maniable. A l’arrière il y a une banquette et dans le petit coffre, 2 banquettes en vis à vis. Pour le toit, c’est une structure métallique recouverte par une toile bâchée C’est large comme une petite voiture. On rentre à beaucoup. Sur la banquette arrière, 4 adultes plus les enfants sur les genoux et les sacs dans les pieds. A l’arrière 4 adultes. Sur le marche pied arrière, le rabatteur. A l’avant, il y a le chauffeur assis bien en avant et 3 autres adultes qui se tiennent par les épaules pour ne pas tomber dans les virages.
Aujourd’hui on a eu la version « familiale » : à l’arrière du chauffeur, dans le sens inverse de la marche il y avait une petite planche pour rajouter 3 personnes supplémentaires. Là, c’était assez serré !!! surtout que le trajet durait 20 minutes et qu’on ne pouvait pas tenir la tête droite, on était tout courbés. Avec les cahots de la route, on s’est beaucoup cogné la tête.
En règle générale, nous sommes bien compactés les uns contre les autres dans les transports en commun. En France, on essaie de ne pas toucher son voisin. Ici, ce n’est pas possible. Chacun essaie de s’installer le plus « confortablement » qu’il peut. A partir de là, les genoux se touchent, les cuisses aussi, on peut avoir le coude de quelqu'un sur son genou, son bras passé derrière les épaules. On accepte d’avoir les genoux imbriqués dans ceux de son voisin, de poser notre sac sur ses genoux, et que leurs bagages soient sur nos pieds. Dans les bus, il n’est pas rare de voir une personne dormir sur l’épaule de son voisin, alors que ce n’est même pas son ami. S’il y a beaucoup de monde dans le bus, on ne pense pas à se lever pour mettre son sac dans le porte-bagage, on tend son sac et ceux qui sont debout dans l’allée le rangent. Tout simplement ! c’est pareil pour payer le ticket examinor dans le bus. On tend l’argent à celui qui est devant et il passe de main en main jusqu’au controleur. Pour la monnaie, c’est le même chemin en sens inverse. Dans certains bus, on a attendu notre monnaie pendant 2 heures, mais elle est toujours revenue.
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Dans le train, c’est la vie en communauté. Au début, on croyait qu’ils voyageaient en famille. Tout le monde donne son avis pour ranger les bagages, ça discute, ça rigole, au moment du repas ils regardent ce que mange les autres, font des commentaires…
En fait, on vient de s’apercevoir que non, ils ne se connaissent pas les uns les autres avant d’arriver dans le même compartiment. Mais ça ne les empêche pas de donner leur avis sur tout. La dernière fois, un monsieur a acheté une paire de chaussettes bleues à rayures. Il les a payées et c’est le monsieur d’en face qui les a prises au vendeur. Il les a dépliées, tâtées, il a testé les élastiques, l’épaisseur, a jugé la qualité du produit et au bout de 5 minutes de commentaires, les a rendues à leur nouveau propriétaire. Quand nous avons écrit dans notre carnet, les 6 autres personnes de notre compartiment nous ont regardés pendant 2 heures non stop, sans se lasser. Et quand nous avons arrêté pour sortir nos sacs de couchage, c’était toujours aussi passionnant. On avait l’impression de jouer dans une émission de télé-réalité. C’était nous la télé.![]()
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Cécile et Olivier en voyage...