Cécile et Olivier en voyage...
Vous le croirez ou pas, mais trouver un café internet en Australie n’est pas aussi facile qu’en Inde, en Thaïlande ou au Cambodge.
Au premier regard, cela peut sembler étonnant pour un pays aussi développé et riche. Mais si on réfléchit bien, c’est justement une excellente raison. Comme la plupart des gens ont les moyens nécessaires, ils ont un ordinateur et une connexion internet chez eux. De ce fait, les cafés internet sont destinés aux touristes et aux populations moins riches. Nous trouvons donc internet dans les quartiers des backpackers, à coté des auberges de jeunesse. Nous trouvons aussi internet dans les supermarchés de quartiers tenus par des indiens ou des chinois.
Une autre raison à cette absence de cafés internet, c’est que le pays est vaste et qu’il y a d’extraordinaires parcs nationaux, sauvages et isolés. Comme nous adorons être dans la nature, nous allons dans ces parcs. Difficile là encore de trouver internet, quand on est loin de tout. Généralement, au centre d’information des visiteurs, nous trouvons un kiosque internet. Il faut insérer des pièces pour obtenir un temps d’utilisation de l’ordinateur. La vitesse de connexion est très lente, c'est à dire 56k. A part consulter des mails, nous ne pouvons rien faire d’autre car il n’y a pas de port USB pour notre clef. Et écrire un mail directement c’est risquer à tous les coups de l’envoyer dans un bâtiment perdu de l’arkansas. C’est là où s’échouent tous les mails perdus dans le monde ! En plus, pas moyen d’ouvrir un fichier attaché. Le dernier mail de maman nous a pris 20 minutes à télécharger, seulement pour du texte. Heureusement qu’il était génial !!
Nous prenons aussi beaucoup de chemins de traverse grâce à la liberté que nous offre le wicked. Nous préférons passer par de petits villages que par les villes. La réponse la plus courante lorsque nous demandons internet est : « Il y en avait un avant, mais il a fermé car il n’y a pas assez de touristes pour que ce soit rentable. » Le mieux qu’on ait vu c‘est le « fish and chips - internet » c’est à dire un ordinateur dans le fond d’une friterie…pas très agréable ni cosy.
Pour remédier à cette pénurie de technologie, nous avons inventé la chasse au réseau. L’idée nous est venue à Yarram. Imaginez la seule rue commerçante bordée de chaque coté par des magasins. Il y a bien des boutiques mais il est 17h, samedi soir, donc tout est fermé sauf le fish and chips du coin et le country club. Il y a aussi une pizzeria. Bref une fois que nous avons fini notre fish and chips, histoire de recharger l’ordinateur pendant que nous mangeons, nous retournons au wicked. Nous allumons l’ordinateur pour voir si il y a du réseau. Rien ! comme la ville est déserte, Olivier conduit tout doucement pendant que Cécile surveille l’apparition d’un réseau. Nous faisons la moitié de la ville comme cela avant de trouver un réseau ouvert (sans mot de passe). A ce moment, c’est l’euphorie. Olivier se gare. Il faut reculer d’une place pour avoir une bonne connexion. Nous avons donc internet dans notre van !! La qualité n’est pas aussi bonne que dans un café internet, mais au moins on ne devra pas encore attendre 3 jours la prochaine grande ville.

Depuis, cette chasse au réseau a été reproduite avec succès dans les petites villes. Nous comprenons maintenant l’expression surfer sur le net. Pour nous, ça consiste à trouver le sens du réseau, à regarder les petites barres et à nous déplacer pour en avoir le maximum. Et comme les surfeurs, parfois ça ne marche pas, il doit il y avoir trop de vent et nous perdons notre vague. La connexion se coupe, la conversation aussi. Il faut attendre une autre vague plus grande pour se reconnecter sur skype.
Dans les grandes villes, une autre tactique s’impose. Impossible de rouler au pas en cherchant du réseau. Cette fois-ci, direction le centre-ville. Nous nous mettons sur un banc public et nous allumons l’ordinateur. Ensuite nous changeons de banc et d’orientation jusqu’à trouver du réseau ouvert. Nous ressemblons à tous ces gens qui tiennent leur téléphone portable comme une baguette de sourcier, sauf que c’est un ordinateur pour nous! En plus nous sommes les seuls à faire cela dans la rue. Ça nous donne un air comique vu de l’extérieur.
C’est à Melbourne que nous avons appris cette technique. Nous avons rencontré une jeune fille assise sur un banc devant la bibliothèque. C’était le soir et il faisait assez froid. Elle avait son ordinateur sur les genoux et un casque sur les oreilles équipé d’un micro. Nous lui avons demandé si elle avait du réseau gratuit. Elle s’est interrompue dans sa discussion avec son ordinateur pour nous répondre : -Bien sûr, il y en a plein en ville, il suffit de les essayer et ensuite vous pouvez aller sur skype…. Cool !! ça nous arrangeait bien d’avoir une connexion gratuite car les prix des cafés internet nous semblent très élevés après l’Inde. Je crois que le plus extraordinaire que nous ayons fait, c’est le centre de Canberra, la capitale australienne, un samedi soir. Heureusement qu’il n’y avait pas encore d’animation car nous n’étions pas vraiment discrets, en plein milieu de la place centrale. Les australiens sont formidables car la plupart nous regardent avec amusement. Certains viennent même nous demander ce que nous faisons.
- nous téléphonons en France.
- Excellent, mate Et ils repartent en souriant.
Mais pourquoi sommes nous toujours en train de pirater du réseau quand les gens sont en centre-ville ? L’explication est simple et tient en 2 mots, décalage horaire. Nous avons actuellement 8 heures de plus qu’en France. Pour vous téléphoner à des heures socialement correctes, nous choisissons 18-20 h pour nous ce qui correspond à 10h midi pour vous. Si nous voulons vous téléphoner le soir, nous devons nous lever tôt le matin. 7h pour nous correspondent à 23h pour vous. A cette heure-ci, impossible de trouver un café internet ouvert ! Cela nous permet de vous souhaiter bonne nuit alors que nous venons de nous lever et inversement. En Nouvelle-Zélande ce sera la même chose avec 12 h de décalage. 8h du matin chez nous, 8h du soir chez vous. On verra si c’est plus facile pour se parler, en tout cas, ce sera déjà plus facile à retenir.
Nous faisons beaucoup de route en ce moment. Nous sommes surtout dans la campagne. La chasse au réseau se complique : y aura t il quelqu'un qui a une connexion internet sans fil dans un si petit village ? en plus nous ne faisons cette chasse au réseau le soir pour pouvoir téléphoner en France. Et la nuit tombe ! il faut bientôt s’arrêter. En australie, il est impossible de rouler la nuit à cause de tous les animaux sauvages qui traversent la nuit. Nous ne voulons pas avoir un accident avec un wombat de 40 kg, ni tuer un kangourou ! Ici, il y a souvent des aires gratuites prévues pour passer la nuit. Elles sont généralement à 10 ou 15 kilomètres de la ville la plus proche . Le confort est sommaire, au mieux il y a des toilettes et un BBQ, parfois de l’eau mais jamais de prise électrique. Pour communiquer, il faut donc une association de plusieurs facteurs : une ville, un réseau internet ouvert, un endroit où dormir pas trop éloigné. Quand nous arrivons à réunir tout cela, nous sautons sur skype et nous pouvons enfin téléphoner en France !!
Notre ultime problème, c’est la durée de la batterie de notre ordinateur portable. Nous avons devant nous 2 heures d’autonomie, et beaucoup de monde à qui parler. Finalement, la conversation s’interrompt avec l’épuisement total de la batterie. Demain, il faudra à nouveau trouver en priorité du courant pour recharger l’ordinateur. C’est dans ces moments-là que nous nous sentons vraiment des clochards high tech.
Aucun commentaire pour cet article